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28 novembre 2018

Les évaporés - Thomas B. Reverdy

Comme l'auteur devait venir dans une des librairies proches de chez moi pour parler de son dernier roman, je me suis dit qu'à cette occasion il serait bien de découvrir un de ses précédents titres. Le fait que "L'hiver du mécontentement" a été retenu dans la dernière sélection du Goncourt m'a d'autant plus motivée à sortir "Les évaporés" de ma PAL.

Dans ce roman au résumé alléchant Thomas B. Reverdy nous emmène au Japon. En compagnie de Richard, ancien détective privé et de Yukiko, son ex-compagne qu'il aime toujours on part à la recherche du père disparu de la jeune japonaise. C'est un Japon moins connu qui est décrit, celui des yakuzas (mafieux japonais), des travailleurs pauvres et des paysages ravagés par le tsunami et la catastrophe de Fukushima.

Le début était prometteur mais au fil des pages mon intérêt pour ce roman a commencé à faiblir et je l'ai terminé en diagonale. Dans l'ensemble j'ai trouvé ce livre assez inégal. Si certains chapitres sur le Japon et ses coutumes sont assez intéressants, d'autres un peu plus descriptifs et poétiques m'ont plutôt ennuyée. Quant à ses personnages j'ai ressenti un brin de sympathie pour Kaze, le père de Yukiko, et son jeune protégé mais le couple mal assorti et la passion de Richard pour Yukiko m'ont laissée de marbre. Cette enquête qui s'annonçait bien finalement ne m'a pas beaucoup passionnée et la vision du Japon qu'a l'auteur ne m'a pas vraiment enthousiasmée.

A en croire de nombreux éloges sur "Les évaporés", j'ai dû passer à côté de ce roman. Dommage. Je ne suis pas allée rencontrer l'auteur et je manque de motivation pour entamer "L'hiver du mécontentement".

Flammarion - 2013 - 304 pages





18 novembre 2018

Les Garçons de l'été - Rebecca Lighieri

Ce roman a eu beaucoup de succès auprès des blogueurs et sur les réseaux sociaux. Je crois n'avoir remarqué aucun avis négatif le concernant, j'ai donc voulu me faire ma propre opinion. 

Une famille bourgeoise modèle: deux beaux et brillants garçons qui adorent le surf, une petite sœur surdouée, une mère aimante et très présente et un père qui fait tout pour que ses proches ne manquent de rien. Quand un des deux frères se fait mutiler par un requin, l'équilibre de cette famille en apparence parfaite est sérieusement ébranlé. 

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un roman aussi addictif. La parole est donnée à tour de rôle à tous les membres de la famille. Chacun donne son point de vue, ils ont tous des secrets qui sont révélés au fur et à mesure qu'on avance dans l'histoire. J'ai beaucoup aimé ce roman choral qui nous plonge dans l'intimité vraie des personnages, dans leurs mensonges réciproques et dans l'apparence qu'ils se donnent. Si je devais émettre une petite réserve, elle concernerait la fin que j'ai trouvée un peu trop rocambolesque. Ceci dit cela ne m'a pas empêchée de passer un très bon moment de lecture. 

Un thriller psychologique absolument palpitant que j'ai dévoré.


P.O.L. - 2017 - 448 pages


11 novembre 2018

Aleja Niepodległości (Allée de l'Indépendance) - Krzysztof Varga

"Aleja Niepodległości" ukazała się po francusku w 2015 roku a więc kilka lat po polskiej premierze. Jakiś rok później książka znalazła sie w mojej bibliotece gdy przypadkiem trafiłam na nią w księgarni. Polską wersję zakupiłam w zeszłym roku i znów upłynęło kilka miesięcy zanim w końcu zabrałam się za jej lekturę i muszę przyznać, że tę napisaną 8 lat temu satyrę na polską post komunistyczną rzeczywistość czytało mi się wyśmienicie.

Nie spoileruję treści gdy zdradzę, że główny bohater książki Krystian Apostata ginie w katastrofie lotniczej bo autor uśmiercił go już na pierwszej stronie. Ciąg dalszy to historia jego czterdziestoparoletniego życia przed feralnym lotem. To także opowieść o zawartej w dzieciństwie przyjaźni między tym niedoszłym artystą, alkoholikiem samotnie spędzającym noce przy filmach porno i wykreowanym przez media królem parkietu Jakubem Fidelisem. Te dwa skrajnie różne życiorysy, osadzone w Polsce sprzed i po upadku komunizmu, są potraktowane z dużą dozą ironii, którą autor posługuje się po mistrzowsku.

Kipiąca z każdej strony i zaserwowana w najlepszym stylu drwina jest na pewno dużym atutem powieści. Pisarzowi uda o się w niej także umiejętnie połączyć nostalgię i czarny humor; beznadzieję i szarą rzeczywistość równoważy parodia i komizm sytuacji.

Książka o straconych złudzeniach i o kruchości ludzkiej egzystencji, która ma zawsze ten sam koniec; jakkolwiek potoczy się nasze życie śmierć jest nieunikniona i w większości przypadków to nie my decydujemy o tym kiedy i w jaki sposób nas dopada. A gdy nadchodzi koniec zapada "dziwna, niekończąca się cisza". Trudno nie zgodzić się z Andrzejem Stasiukiem, dla którego "Aleja Niepodległości" jest "straszna i zarazem bardzo śmieszna. Melancholijna i bezlitosna."

Moje pierwsze i na pewno nie ostatnie spotkanie z prozą Krzysztofa Vargi.

Wydawnictwo Czarne - 2010 - 270 stron









Allée de l'Indépendance

Comme cela m'arrive assez souvent, je découvre un auteur polonais en tombant sur la traduction française de son livre. J'ai mis un certain temps à me procurer sa version originale qui est parue en Pologne en 2010. Quand je l'ai ouvert je ne savais pas du tout à quoi je devais m'attendre et cela commençait plutôt bien:

 " Lorsque le Boeing 767 de la compagnie aérienne polonaise LOT explosa en plein vol au dessus de l'Atlantique, Krystian Aposta était déjà complètement soûl. Et même, il était bourré comme une pute, totalement niqué par l'alcool, sérieusement déchiré ou encore raide défoncé. Son état juste avant l'explosion de l'avion était digne de toutes les expressions vulgaires ayant trait à l'ébriété dont est capable la langue polonaise, au reste peu inventive".

Je ne vais pas spoiler si je vous révèle que le personnage principal Krystian Aposta périt dans cette catastrophe aérienne, on le sait depuis le début. La suite de ce roman est l'histoire de sa vie et de son ancienne amitié avec Jakub Fidelis, une star des médias alors que Krystian n'est qu'un artiste raté alcoolique. Une enfance et une adolescence semblables dans la Pologne communiste deviennent deux existences différentes dans la Pologne d'aujourd'hui. Si on ressent une certaine nostalgie quand l'auteur remonte dans le temps, il n'en est rien quand il décrit les années suivant l'effondrement du régime communiste en 1989.

J'ai adoré cette satire de la réalité polonaise post communiste dont l'écrivain se moque ouvertement. L'ironie dont il se sert à merveille est présente dans chaque page de ce roman à la fois drôle et tragique. Cette histoire bien ancrée dans le paysage polonais est beaucoup plus profonde et universelle qu'elle en a l'air. Un livre sur les illusions perdues, le sens de la vie et sa fragilité. Quoi qu'on fasse sur cette terre, la mort est inévitable et dans la plupart des cas ce n'est pas nous qui choisissons le moment et la façon dont nous quittons le monde des vivants. Un livre intelligent, bien écrit et une fin surprenante. Un nom que j'ajoute volontiers à ma liste des auteurs polonais préférés.

J'ai quitté ma Pologne natale à l'âge de 25 ans, mon avis est forcément très subjectif. J'aimerais beaucoup connaître le vôtre. Si la lecture de ce roman vous tente, mon exemplaire français est à votre disposition si vous voulez bien publier votre avis sur votre blog et/ou les réseaux sociaux. 

Les Editions Noir sur Blanc - 2015 - 264 pages - traduit du polonais par Agnieszka Żuk


Résumé de l'éditeur:

L’allée de l’Indépendance est l’artère qui relie le centre-ville de Varsovie à ses banlieues sud. Elle traverse Mokotów, un quartier que Krystian Aposta quitte rarement. Il y est né en 1968 et il y est resté. En secondaire, à l’école catholique Saint-Augustin, il s’est lié avec Jakub Fidelis, un garçon du quartier qui lui ressemblait tant qu’on pouvait les confondre. Mais bien vite leurs destins divergent. Fidelis connaît une célébrité fulgurante, il est le danseur que les télés s’arrachent, il fait la une des magazines, tandis qu’Aposta s’enfonce dans l’échec et doit bientôt admettre qu’il est un peintre raté, un de ces artistes conceptuels dont le talent a fait long feu : il passe désormais ses jours à boire et à traîner sur les sites pornos. Entre les deux hommes, il y a Kasia, une éternelle jeune fille à la recherche du grand amour. D’abord ensorcelée par la noirceur d’Aposta, elle finit par rejoindre Fidelis, dont le visage, comme celui de Dorian Gray, échappe aux ravages du temps.
L’allée de l’Indépendance : ce nom sonne amèrement pour la génération de l’auteur et de ses personnages, ceux qui ont eu vingt ans lors de l’émancipation de la Pologne en 1989. Cette liberté tant attendue, qu’en ont-ils retiré ? Qu’ont-ils été capables d’en faire ? Quelles autres chaînes ont remplacé celles de l’idéologie ? Les noms évocateurs des protagonistes, leurs illusions et leurs épreuves, tout nous porte à considérer cette histoire comme une parabole moderne et cruelle sur le sens de la vie.

28 octobre 2018

Miss Sarajevo - Ingrid Thobois #MRL18

Voici un roman de la rentrée littéraire dont on a très peu parlé et c'est bien dommage. Sélectionné par Antigone, une des cinq marraines des Matchs de la Rentrée Littéraire de Rakuten, je ne regrette pas du tout de l'avoir choisi parmi les quinze romans proposés.

Joaquim est un reporter de guerre qui vit dans un petit appartement parisien entre deux voyages, où rien n'a changé depuis des années. Appelé par un notaire qui lui apprend la mort de son père avec lequel il n'a plus de contact, il se rend à Rouen, sa ville natale. Il n'y est pas retourné depuis l'enterrement de sa mère il y a plus de vingt ans. Dans le train les souvenirs, souvent douloureux, resurgissent: son enfance, le suicide de sa sœur Viviane, la maladie de sa mère, l'absence de son père, son amour pour Ludmila et son séjour à Sarajevo en guerre. Grâce à l'alternance d'images et d'événements qui ont marqué et façonné sa vie d'adulte on plonge dans le passé intime de Joaquim.

Beaucoup de non dits et de souffrances dans ce petit roman qui n'est pas certes des plus joyeux mais qui m'a beaucoup plu. Une multitude de thèmes abordés: des relations familiales compliquées, la mort, la maladie, l'absurdité de la guerre. J'ai beaucoup aimé cette succession de tableaux, d'un chapitre à l'autre on passe de la perte de sa sœur après un suicide à son amour pour Ludmila, une réfugiée bosniaque, de l'enfance de Joaquim au vécu du siège de Sarajevo où se prépare un concours de beauté. De courts chapitres comme les flashs d'un appareil photo, d'ailleurs on y trouve pas mal de références à la photographie.

Malgré la cruauté de la vie qu'il décrit et la tristesse qui s'en dégage, ce roman est empreint d'une certaine douceur, la beauté de l'écriture y est sûrement pour quelque chose:
Photographier, ce n'est pas raconter la vérité. C'est délimiter par un champ  l'opération d'exister, et la fixer. C'est inventer un monde de gestes dépourvus de leurs conséquences: un éclair sans la foudre, une chute sans impact...
On ne peut pas cesser d'être photographe, de même qu'un écrivain ne peut rien opposer à sa porosité au monde, ni à ce double foyer qui lui sert de regard. Mais il arrive, pour toute sorte de raisons, que l'on choisisse, momentanément ou définitivement, de ne plus écrire, de ne plus photographier.
On ne conserve jamais que des traces de nos expériences fondatrices, des clichés flous, des images en apesanteur, si fragiles qu'à s'en saisir on risquerait de les pulvériser. Faute d'étalonnage au moment de les vivre, elles dérivent dans la mémoire et peinent à s'y fixer.
Le voyage, à vingt ans, est une éblouissante leçon d'humilité et l'école la plus formatrice. L'âge venant, il amène à poser sur le monde le constat de sa finitude.
Le temps n'est qu'un drap jeté sur les souvenirs, qu'une saut de vent suffit à découvrir.
Ce n'est ni le courage ni la détermination qui auront guidé ses pas de pays en pays, de ville en ville, de conflit en conflit, de risques en risques, mais l'impossibilité de demeurer immobile avec le souvenir de Viviane et la nécessité de la rechercher de corps en visage, de terre en mer, de bruit en silence.
Le père de Joaquim et Viviane était cet homme à l'affût, posté en lisière d'une famille qu'il avait construite comme malgré lui, ou bien par accident, et qu'il regardait souvent comme un corps étranger, une greffe à sa vie.
Buchet - Chastel - 2018 - 222 pages


19 octobre 2018

Nos souvenirs sont des fragments de rêves - Kjell Westö


J'ai eu la chance de gagner ce roman dans un concours, ainsi j'ai eu l'occasion de lire pour la première fois un auteur finlandais. J'aime beaucoup les sagas et la quatrième de couverture qui parlait d'une histoire portée par "un souffle irrésistible" était plus qu'alléchante.

Le narrateur, un écrivain quinquagénaire nous confie son histoire. Enfant, il se lie d'amitié avec Stella et Alex Rabbell, une fratrie issue d'une riche famille d'entrepreneurs, il ne se doute pas alors que sa vie entière sera marquée par cette relation. 

Nous suivons les différentes étapes de la vie des personnages, une enfance pas toujours tendre, une adolescence parfois tumultueuse jusqu'à l'âge adulte un peu plus sage. Des années soixante-dix jusqu'à nos jours c'est le portrait de toute une génération et de toute une époque qui nous est merveilleusement dépeint.

J'ai beaucoup aimé cette histoire qui m'a fait penser au roman de Jens Christian Grondahl "Les portes de fer" où le narrateur, arrivé à l'âge mûr, dresse le bilan de sa vie et des amours qui l'ont enrichie.

A la fois un roman d'apprentissage et une histoire d'amour cette saga a été aussi la découverte d'un pays que je connaissais mal, ses paysages et son climat, ses mœurs et ses deux langues (suédois et finlandais). Riche et romanesque à souhait ce pavé se dévore, j'ai eu vraiment du mal à le lâcher et à chaque fois je m'y replongeais avec plaisir. Une très très belle découverte.

Editions Autrement - 2018 - 600 pages 
Traduit du suédois par Jean-Baptiste Coursaud





30 septembre 2018

Tenir jusqu'à l'aube - Carole Fives

J'avais envie de lire cette auteure depuis son passage à la Grande Librairie pour présenter "C'est dimanche et je n'y suis pour rien". C'était il y a 3 ans, entre temps Carole Fives a écrit "Une femme au téléphone" qui a eu de bonnes critiques mais c'est avec son dernier roman que je découvre enfin son écriture. 

J'ai emprunté "Tenir jusqu'à l'aube" sans vraiment savoir de quoi il parlait et j'ai bien fait car en connaissant le sujet du roman je pense que j'aurais hésité. Une mère célibataire et isolée qui élève un petit garçon de 2 ans et qui, pour souffler un peu, s'accorde certains soirs de petites escapades en ville en laissant le petit seul à la maison. Franchement pas très tentant comme sujet. J'ai donc entamé ma lecture avec une certaine méfiance mais très vite j'ai été happée par une écriture vive, un propos direct et une tension qui monte tout au long du récit. Tout cela ne m'a pas permis de lâcher le roman jusqu'à la dernière page. 

La vie n'est pas facile quand le père de l'enfant ne donne plus aucun signe de vie, quand on est loin de sa famille et de ses amis, sans emploi fixe et quand l'enfant est plutôt du genre capricieux. J'ai eu beaucoup de peine pour cette mère qui essaie de joindre les deux bouts pour s'en sortir, son extrême solitude, son sentiment d'être abandonnée. On peut comprendre, sans pour autant l'approuver, ce besoin de souffler de temps à autre, de se libérer, de goûter à autre chose tout en étant consciente des risques encourus.

J'ai aimé le regard de l'auteure sur la société actuelle pour dénoncer la vulnérabilité des mères célibataires, leur solitude et leur précarité, le jugement des autres. Un court roman pas très réjouissant qui fait réfléchir et qui ébranle les certitudes du lecteur. Une histoire qui ne m'attirait pas de prime abord et que j'ai finalement trouvée très réussie.

Gallimard - 2018 - 192 pages




2 septembre 2018

Un fils obéissant - Laurent Seksik

De cet auteur j'ai beaucoup aimé "L'exercice de la médecine" et j'ai entendu pas mal d'éloges sur ses autres romans ("Le cas Edouard Einstein" et "Les derniers jours de Stefan Zweig") qui me tentent aussi. Après avoir exploré dans ses précédents livres la relation père - fils, Laurent Seksik consacre son dernier roman à son propre père et les liens très forts entre eux. 

Je ne suis pas adepte de l'autofiction et avant d'entamer ma lecture je me suis demandée si ce roman allait me plaire mais très vite je me suis rendue compte que Laurent Seksik a des choses à raconter et il le fait d'une façon passionnante et avec une énorme délicatesse.

Dans l'avion pour Israël afin de se recueillir sur la tombe de son père un an après son décès, l'auteur confie à sa voisine de siège son histoire mais aussi celle de son père et de son grand oncle. Il évoque ses deux métiers de médecin et d'écrivain, le devoir et la passion. Il se dégage de ce texte très personnel beaucoup de respect et de pudeur mais aussi une certaine distance quand il parle de ses origines, de sa vie de famille et des métiers qu'il exerce. 

Ce roman sur l'amour filial est un très bel hommage à son père d'un fils sortant du deuil.

J'ai mis un certain temps à entamer cette lecture dans une période où j'avais perdu un peu l'envie de lire sans raison particulière. J'ai ainsi partagé le sentiment de l'auteur qui lui même avait perdu le goût de lire après le décès de son père. Petit à petit l'envie m'est revenue et j'ai repris mon activité favorite. "Un fils obéissant" y est peut-être pour quelque chose.

Quelques citations:
J'avais toujours pensé que le présent ne s'accordait pas avec mon écriture. Jusqu'à sa dernière heure, un être humain s'améliore ou régresse, il n'en a jamais fini avec lui-même. Le coucher sur le papier grave son caractère dans le marbre, lui ôte cette capacité d'évoluer. Ecrire son histoire avant qu'elle ne s'achève lui interdit toute possibilité de réconciliation avec les autres et avec lui-même, ravit sa part d'humanité à venir. 
Ce patient qui refuse de guérir malgré les moyens mis en oeuvre, déçoit les attentes, trompe les espoirs du médecin et trahit en quelque sorte l'essence de sa vocation. Il offense bien malgré lui la bonne volonté de l'équipe soignante. Au bout de quelque temps, las de se voir incompris, le médecin finira, inconsciemment, par se tourner vers d'autres patients compliants aux soins et dont l'état répondant au traitement flattera son ego.
L'esprit d'entreprise est comme l'âme des pionniers, il souffle à toute heure du jour et de la nuit. Nous devons être à son écoute pour concourir au bien-être et à la prospérité du monde libre.
Je le vois comme un puzzle qui, une fois la dernière pièce posée, résoudra une partie de l'énigme d'une vie, répondra peut-être aussi à la question de pourquoi j'écris. Peut-être que le mot "fin" viendra aussi clore cette période de deuil d'une année, m'aidera à tourner la page sans pour autant me conduire à l'oubli. Il y sera sans doute question de la façon dont j'ai accompagné mon père jusque dans ses derniers instants. 
Flammarion - 2018 - 256 pages


10 juillet 2018

La saison des feux - Celeste Ng

Après avoir énormément aimé "Tout ce qu'on ne s'est jamais dit", j'ai été impatiente de découvrir le deuxième roman de Celeste Ng. Je m'en réjouissais d'autant plus que toutes les chroniques que j'avais lues jusqu'à présent s'accordaient pour dire que "La saison des feux" était également une réussite.

Le roman commence par un drame. Un incendie ravage totalement la maison des Richardson, une famille modèle vivant à Shaker Hights, une ville paisible dans l'Ohio fondée par les Shakers, une branche de l'église protestante. Puis l'auteure déroule le fil des événements qui ont conduit à cette issue fatale. La tension monte petit à petit, un drame en cache un autre et le lecteur assiste à un enchaînement des situations conduisant à un dilemme qu'il est difficile de trancher.

Tout comme dans son premier roman Celeste Ng décortique la vie d'une famille américaine, qui sous son apparence irréprochable cache plus d'un vice. Elle nous dépeint ainsi une certaine Amérique conservatrice et hypocrite qui se veut pourtant ouverte et progressiste.  L'auteure qui est d'origine asiatique met l'accent sur l'importance de notre filiation dans la construction de notre personnalité et du milieu culturel dans lequel on grandit.

Je trouve ce deuxième roman encore plus maîtrisé, les portraits féminins finement ciselés sont encore plus convaincants et la critique de la société encore plus incisive. Tous ceux qui comme moi ont été séduits par "Tout ce qu'on ne s'est jamais dit", sans aucun doute aimeront aussi "La saison des feux".

Merci aux Editions Sonatine qui m'ont envoyé ce superbe roman dans le cadre de leur partenariat avec #PicaboRiverBookClub.


Sonatine Editions - 2018 - 384 pages
Traduit par Fabrice Pointeau


1 juin 2018

Testament à l'anglaise (Rodzinna afera) - Jonathan Coe

Après avoir lu "La Maison du sommeil" de Jonathan Coe que j'ai beaucoup aimé je me suis dit que je poursuivrais la découverte de cet auteur. L'occasion s'est présentée quand "Testament à l'anglaise" a été sélectionné par les membres du Blogoclub pour la lecture commune du 1er juin.

Dans ce pavé de plus de 600 pages on fait connaissance avec quelques membres d'une illustre famille de l'aristocratie anglaise. Les Winshaw aiment par dessus tout le pouvoir et l'argent. Tous les moyens sont utilisés pour parvenir à leurs fins. Seule Tabitha Winshaw, considérée comme folle, fait de l'ombre au parfait tableau familial. C'est elle qui est à l'initiative de la rédaction d'une véritable chronique sur sa famille qu'elle méprise profondément. Elle soupçonne que la mort d'un de ses frères n'est pas accidentelle et elle confie ce travail d'enquête à Michael Owen, un écrivain méconnu du grand public. Tout en pénétrant dans l'intimité du clan Winshaw c'est aussi son histoire qu'on découvre.

En dépeignant avec férocité une famille dont plusieurs membres occupent des postes stratégiques dans la finance, le gouvernement et les médias, Jonathan Coe s'attaque à tout le système d'un état moderne où seuls l'argent et la soif du pouvoir comptent véritablement. Dans chaque portrait plus cynique l'un que l'autre il dénonce l'immoralité, la brutalité et la cruauté de certains hauts responsables. Ecrit dans les années 90 ce roman fait écho à l'ascension de Saddam Hussein, l'invasion du Koweït par l'Irak et l'implication britannique dans la Guerre du Golfe, mais 30 ans plus tard le monde n'a pas tellement changé. Il y a donc beaucoup de politique, un peu trop à mon goût et certains passages m'ont un peu ennuyée mais l'intrigue est parfaitement ficelée, la manière dont l'auteur a lié l'histoire des Winshaw à celle de Michael est remarquable sans parler de la partie finale qui m'a bluffée. 

Oscillant entre polar captivant et satire décapante de la haute société britannique ce roman globalement m'a beaucoup plu mais j'ai été moins intéressée par certains développements politiques. Tout compte fait ma préférence va à ma précédente découverte de Jonathan Coe mais je ne m'arrêterai pas en si bon chemin.

Folio - 1997 - 688 pages
Traduit par Jean Pavans




27 mai 2018

Eleanor Oliphant va très bien (Eleanor Oliphant ma się całkiem dobrze) - Gail Honeyman

Habituellement ce genre d'histoires ne m'attire pas vraiment mais j'ai succombé à quelques bonnes critiques de ce roman écossais.

Eleanor Oliphant est une solitaire plutôt excentrique. Sa vie est rythmée par les journées d'un travail peu passionnant, les weekends arrosés de vodka et les sempiternelles conversations téléphoniques du mercredi avec sa mère. Quand un jour elle s'éprend d'un chanteur elle décide d'élaborer tout un plan pour le conquérir. Au même moment un de ses collègues de travail commence à lui manifester de l'intérêt et son existence, jusqu'à présent plutôt monotone, devient un peu plus excitante quand en sortant du travail ils sauvent la vie d'un sympathique papy.

Le plus grand atout de ce roman est bien évidemment le personnage d'Eleanor qui est une sorte de Bridget Jones mais en version plus tragique. Dès le début on sent qu'il y a une raison à son malaise et à son isolement. Difficile de résister au charme de cette trentenaire hors du commun; son franc parler, sa curiosité, sa naïveté et même ses bizarreries ont gagné ma sympathie. On ne peut pas s'empêcher de sourire à ses bévues mais cette histoire est finalement moins drôle qu'on aurait pu croire de prime abord.

Une lecture assez sympathique et un premier roman plutôt réussi.

Fleuve Editions - 2017 - 432 pages
Traduit par Aline Azoulay-Pacvon






Eleanor Oliphant ma się całkiem dobrze

Ta powieść chodziła za mną już do jakiegoś czasu, sama nie wiem dlaczego bo raczej stronię od tego typu lektur. Zaciekawił mnie opis, zaintrygował tytuł a ostatecznie do jej przeczytania zachęciło mnie kilka dobrych opinii na jej temat.

Eleanor Oliphant wiedzie samotne i raczej monotonne życie. W tygodniu mało pasjonująca praca, co środę rozmowa telefoniczna z mamą a w weekendy telewizor i butelka wódki. Gdy pewnego dnia Eleanor zadurza się w przystojnym piosenkarzu postanawia zrobić wszystko by podbić serce obiektu swoich westchnień. Nieoczekiwanie też zaczyna się nią interesować kolega z pracy i gdy ktoregoś wieczoru ratują życie spotkanego przypadkiem staruszka, szara do tej pory egzystencja nieco ekscentrycznej Eleanor zaczyna nabierać kolorów.

Największą zaletą powieści jest oczywiście jej główna bohaterka. Eleanor Oliphant to taka Bridget Jones w tragiczniejszej wersji. Od początku wiadomo, że jakiś dramat zawarzył na całym jej życiu. Nietuzinkowa Eleanor intryguje, czasami bawi, denerwuje, wzbudza sympatię, smutek a momentami litość. 

Nie jest to może porywająca lektura, którą czyta się z wypiekami na twarzy, nie jest to żadne literackie arcydzieło ale całkiem przyzwoita powieść obyczajowa i raczej udany debiut szkockiej pisarki.

Wydawnictwo Harper Collins - 2017 - 352 strony
Tłumaczenie Magdalena Słysz


29 avril 2018

La mise à nu - Jean-Philippe Blondel

J'ai été contente de retrouver Jean-Philippe Blondel avec ce nouveau roman. De l'auteur j'avais déjà lu "6h42", "Le Baby-Sitter" et surtout "Un hiver à Paris" qui a été un coup de cœur.

Louis est professeur d'anglais proche de la retraite. Il vit seul après son divorce et le départ de ses deux filles, il mène une vie tranquille dans une petite ville de province. Un soir pour tuer l'ennui il se rend au vernissage d'un de ses anciens élèves devenu un artiste peintre reconnu. Il ne s'attend pas alors à ce que cette rencontre bouleverse son quotidien paisible.

Dans ce roman aux accents autobiographiques l'auteur se sert de ces retrouvailles pour nous parler des liens familiaux qui se délitent, de la solitude, du temps qui passe. Le hasard et les rencontres qu'on fait façonnent notre vie et parfois peuvent la changer complètement. On se rend compte alors que l'image qu'on garde des autres ne correspond pas toujours à la réalité mais finalement on a peu d'occasions de constater ces différences.

J'ai bien aimé cette histoire, le personnage de Louis et cette rencontre avec son ancien élève. Par contre j'ai trouvé le portrait d'Alexandre peu convaincant. Peut-on encore devenir un peintre célèbre de nos jours? J'aurais presque préféré qu'il soit écrivain, acteur ou présentateur vedette pour gagner en crédibilité. 

Mis à part ce petit bémol ce roman se lit sans déplaisir, l'écriture de Jean-Philippe Blondel est toujours aussi plaisante et j'ai passé un agréable moment de lecture.

Buchet-Chastel - 2018 - 256 pages



29 mars 2018

Les Lisières - Olivier Adam

Si j'apprécie les lectures communes c'est parce qu'elles me permettent de faire baisser ma pile à lire. Quand un livre qui est resté quelques années dans ma bibliothèque s'avère un coup de cœur, je me réjouis d'autant plus. C'est ce qui s'est passé avec Les lisières d'Olivier Adam.

Paul Steiner, le double littéraire d'Olivier Adam, jouit d'une certaine notoriété en tant qu'écrivain. Il vit en Bretagne à proximité de son ex-compagne et de ses deux enfants et souffre beaucoup de cette séparation. Il retourne chez ses parents en banlieue parisienne pour aider son père vivant seul depuis l'hospitalisation de son épouse. Pour Paul c'est l'occasion de rencontrer ses anciennes connaissances mais aussi de dresser le bilan de ces années adolescentes dont il ne garde pas un très bon souvenir.

J'ai retrouvé dans ce roman les thèmes chers à Olivier Adam; un homme solitaire et fragile rattrapé par son passé, la banlieue parisienne qu'il a fuie, les côtes bretonnes et le Japon à la fois inspirants et apaisants.

D'aucuns qualifieraient ce roman de très sombre et pessimiste alors qu'il décrit la vie telle quelle est sans l'enjoliver. Certes, le portrait de la France d'aujourd'hui dressé par l'auteur n'est pas très réjouissant mais il est tellement authentique et son analyse de l'actualité et de la société françaises est si juste.

Je me suis bien sentie en compagnie de Paul Steiner, j'ai aimé son histoire et celle de sa famille, j'ai aimé sa vision du monde qui l'entoure, sa sensibilité et sa franchise. Si j'ai énormément apprécié cette lecture c'est aussi grâce au style direct de l'auteur, si reconnaissable à sa cadence et son rythme soutenus. 

Décidément, je ne me lasse pas des romans d'Olivier Adam et ça tombe bien, j'en ai encore trois dans ma bibliothèque.

J'ai partagé cette lecture avec Jostein

Flammarion - 2012 - 458 pages




4 mars 2018

Les étoiles s'éteignent à l'aube - Richard Wagamese

Récemment j'ai eu l'occasion de lire en peu de temps deux livres sur les Indiens Ojibwé alors que jusqu'à présent je n'avais jamais entendu parler de ce peuple. Après LaRose, le très beau roman de Louise Erdrich, je découvre enfin "Les étoiles s'éteignent à l'aube" qui me tentait depuis pas mal de temps, j'ignorais pourtant que son auteur est lui même un Indien Ojibwé tout comme les personnages de ce roman.

A 16 ans Frank vit dans une ferme avec un vieil homme qui l'a élevé seul. Son père Eldon dont il ne sait pas grand chose est mourant et demande à Frank de l'emmener dans la montagne sauvage où il veut être enterré. Pendant ces quelques jours qu'ils passeront ensemble au milieu de la nature, Frank va apprendre qu'Eldon n'a pas toujours été cet alcoolique instable qui l'a déçu plus d'une fois. Il saura aussi qui était sa mère ainsi que ce vieil homme à qui il doit tant.

Ce périple m'a rappelé celui de L'homme de l'hiver qui a permis le rapprochement entre un père et un fils, seuls au milieu de la nature sauvage. J'ai beaucoup aimé cette histoire qui souligne l'importance de connaître ses racines familiales pour s'accomplir. Je me suis vite liée d'affection pour Frank, un garçon si mature et sensible et pourtant privé d'amour maternel, un manque qui lui a pesé beaucoup. Je me suis attachée aussi à l'homme qui l'a éduqué et ensuite à son père qui, submergé par son chagrin, a sombré dans l'alcool. Il y a beaucoup de pudeur dans ce roman au style enlevé sans bavardages inutiles ce qui fait tout son charme. 

Un roman à la fois rude et émouvant qui a séduit plus d'un lecteur. Alex, Kathel et krol l'ont beaucoup aimé aussi.

Editions Zoe - 2015 - 288 pages
Traduit de l'anglais par Christine Raguet

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11 février 2018

LaRose - Louise Erdrich

Ne connaissant Louise Erdrich que de nom, je me réjouissais de pouvoir découvrir son dernier roman dont le résumé m'a plus qu'intriguée. J'ai reçu ce livre grâce au partenariat du Picabo River Book Club, un club de lecture sur Facebook qui met en avant la littérature nord-américaine, et je suis partie en voyage dans une Amérique qui m'était inconnue, celle des Indiens Ojibwé.

Nous sommes dans le Dakota du Nord en 1999. L'histoire débute par un terrible accident qui emporte Dusty, un petit garçon de 5 ans, tué au cours d'une chasse. C'est Landreaux, un Indien Ojibwé qui a tiré par erreur sur Dusty, le fils de son ami et voisin, Peter Ravich. Pour consoler les parents effondrés, Landreaux et sa femme Emmaline décident de leur donner leur propre fils, LaRose, comme le voulait une vieille coutume indienne.

Avec ce beau roman Louise Erdrich nous plonge non seulement dans le quotidien de deux familles indiennes touchées par un drame mais aussi au cœur de l'histoire d'un peuple en voie de disparition. Nous accompagnons LaRose aux côtés de ses quatre parents, ses frères et sœurs mais nous remontons aussi plus d'un siècle et demi dans le temps pour connaître l'histoire de la première LaRose, un prénom qui sera transmis ensuite de génération en génération.

J'ai beaucoup aimé l'ambiance un peu particulière de ce roman, un mélange d'histoire, de rêves, de traditions et de banalités de la vie. J'ai aimé suivre les personnages dans leurs peines, leurs questionnements, leurs doutes, leur joies et voir comment ils évoluent. L'écriture de Louise Erdrich est puissante mais aussi pleine de grâce et je ne manquerai pas de découvrir les autres romans de cette grande écrivaine américaine.

Albin Michel - 2018 - 528 pages
traduit de l'américain par Isabelle Reinharez


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 chez Enna
Picabo River Book Club


4 février 2018

L'homme de l'hiver - Peter Geye

Je pense que ce roman ne se serait jamais retrouvé entre mes mains, s'il n'avait pas été mis en avant par le Picabo River Book Club, un club de lecture sur Facebook consacré à la littérature nord-américaine. "L'homme de l'hiver" fait partie de ces livres "discrets" noyés dans l'avalanche de titres de chaque rentrée littéraire et je suis très contente de l'avoir découvert.

L'histoire commence avec la disparition de Harry Eide qui a fugué et ne sera jamais retrouvé. Il est atteint probablement de la maladie d'Alzheimer, même si ce terme n'est jamais utilisé. Nous sommes dans le Minnesota, à Gunflint une petite ville perdue entre quelques milliers de lacs, près de la frontière canadienne. On fait connaissance avec Gus, le fils de Harry et Berit, celle qui l'a toujours aimé. C'est grâce aux échanges entre Gus et Berit que nous connaîtrons l'histoire de la famille Eide. Berit se remémore son arrivée dans le Minnesota où elle a été envoyée par son père pour travailler dans un bureau de poste et s'occuper de la mère de Harry. Gus se rapelle l'hiver 1963, l'année où son père a décidé de l'emmener dans une longue excursion à la découverte de la nature sauvage.

J'avoue que je n'ai pas été conquise dès le début. Il m'aura fallu un peu de temps pour entrer dans cette histoire entrecoupée de nombreuses descriptions de la nature tout aussi belle et majestueuse que hostile et impitoyable. En semaine où je n'ai pas beaucoup de temps pour lire ma lecture a été souvent interrompue ce qui m'a probablement empêchée de l'apprécier dès les premières pages, d'autant plus que le rythme est plutôt lent. Le roman m'a vraiment captivée au moment où cette escapade dans les contrées sauvages a pris son sens. A partir de ce moment-là je suis allée au bout d'une seule traite ce que l'arrivée du weekend a rendu possible. 

J'ai aimé Berit, son dévouement et son amour infaillible pour Harry, j'ai aimé son histoire et celle de la famille Eide, étroitement liée à l'arrivée des immigrés norvégiens au XIX siècle. J'ai été prise d'affection pour Gus, son courage et son admiration pour son père. J'ai finalement pris goût à pénétrer dans une Amérique qui m'est peu connue et que l'auteur, originaire du Minnesota, décrit à merveille. 

J'ai eu le plaisir de découvrir ce roman en commun avec Kathel


Actes Sud - 2017 - 367 pages 
traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anne Rabinovitch


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                                                    chez Enna

21 janvier 2018

Les déferlantes - Claudie Gallay

Cette lecture a été un peu particulière car je l'ai interrompue en plein milieu. Il y a plus de deux ans maintenant j'avais enregistré le téléfilm avec Sylvie Testud que je m'étais promis de visionner une fois le roman lu. Sauf que le changement d'opérateur internet m'a prise un peu au dépourvu et je n'ai pas eu le temps d'aller jusqu'au bout du roman avant le retour de l'enregistreur à l'ancien fournisseur.

La narratrice est une jeune femme qui essaie de se reconstruire après la perte de celui qui a partagé sa vie. Engagée par un centre ornithologique, elle décide de s'installer près de la Hague balayée par les vents et les tempêtes. Elle fait la connaissance de ses habitants: Lili qui tient un café et s'occupe de sa vieille mère, Théo, l'ancien gardien du phare qui est aussi le père de Lili, Morgane et son frère Raphaël et Florelle qui erre sur la plage. L'arrivée de Lambert qui vient vendre la maison de ses parents va troubler le quotidien du village. Cet homme rappelle à la narratrice l'être cher emporté trop tôt par la maladie mais sa présence va aussi mettre à jour le secret d'un drame survenu bien des années auparavant.

Même si j'ai plutôt aimé le téléfilm, ses paysages, la musique, le jeu des acteurs, j'ai beaucoup plus apprécié le livre qui l'a inspiré car on ne peut pas parler ici d'une fidèle adaptation. C'est donc avec plaisir que j'ai repris la lecture pour retrouver tous les personnages qui n'étaient pas présents dans le film et qui font tout le charme de ce joli roman; la petite Cigogne et ses crayons, Monsieur Anselme et ses histoires sur Prévert, Raphaël et ses sculptures, Max et son bateau.

J'ai aimé l'ambiance que ce roman dégage, son décor maritime, son intrigue, ses secrets, ce quotidien fait de choses simples, ses personnages singuliers et attachants et enfin l'écriture sobre de Claudie Gallay. Une belle découverte.

Editions Babel - 2011 - 560 pages
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14 janvier 2018

Luz ou le temps sauvage (Luz jak światło) - Elsa Osorio

Après la lecture de "La garçonnière" d'Hélène Grémillon qui évoque les atrocités de la dictature en Argentine dans les années 1970, on m'a conseillé de lire "Luz ou le temps sauvage" qui est une véritable plongée dans cette époque-là.

Nous faisons connaissance de Luz à Madrid. Elle y rencontre un certain Carlos qui est en réalité son père biologique, retrouvé après de longues recherches. Luz est une jeune épouse et maman épanouie qui découvre à l'âge adulte qu'elle était la fille d'opposants politiques, l'un de ces "bébés volés" donné en adoption à un couple proche d'un militaire haut gradé. C'est seulement à la naissance de son fils qu'elle commence à se douter de quelque chose et avec beaucoup d'obstination se met à enquêter sur ses origines.

C'est à Carlos que Luz confie ses recherches depuis sa naissance et jusqu'à son adolescence et sa vie d'adulte. Son histoire personnelle est étroitement liée avec celle de son pays, une Argentine sous le joug de la dictature militaire. Le récit de Luz nous plonge dans ces temps pleins d'abominations faites aux prisonniers politiques (détention dans des camps, tortures, disparitions) et dans les recherches des disparus par les "Grands-mères de la place de Mai". Ce livre relate ces tristes événements mais il est aussi une véritable quête d'identité et l'histoire de familles déchirées.

Malgré plusieurs fils narratifs et de nombreux protagonistes je m'y suis facilement retrouvée et j'avais du mal à lâcher ce roman qui est absolument passionnant. Un récit bouleversant fait de rebondissements et de drames. Un de mes coups de cœur de l'année dernière et je me réjouis de la parution d'un nouveau roman d'Elsa Osorio prévue pour ce mois de janvier.

Métailié - 2000 - 356 pages - traduit de l'espagnol par François Gaudry


Luz
jak światło

Jeszcze do niedawna tak naprawdę nie miałam pojęcia do jakich okrucieństw doszło w Argentynie w latach siedemdziesiątych za czasów dyktatury wojskowej. Po przeczytaniu jednej z francuskich powieści, która nawiązywała do tych tragicznych wydarzeń, polecono mi sięgnięcie po "Luz jak światło" Elsy Osorio, która jest jeszcze bardziej wstrząsająca.

Luz jest młodą mężatką i mamą rocznego synka. Poznajemy ją w trakcie podróży do Madrytu, gdzie spotyka się z niejakim Carlosem, który w rzeczywistości jest jej biologicznym ojcem. Luz już jako dorosła kobieta po wielu poszukiwaniach dowiaduje się, że jako niemowlę została adoptowana  i pozbawiona swojej prawdziwej tożsamości a jej rodzicami byli opozycjoniści wojskowej junty.

To w trakcie rozmowy z Carlosem dowiadujemy się o wielu szczegółach z życia Luz; jej narodziny i pierwsze dni życia owiane tajemnicą, okres dojrzewania i wreszcie pierwsze kroki w dorosłość. Jej losy są ścisle związane z historią Argentyny z okresu dyktatury wojskowej. Jej opowieść niezwykle realistycznie opisuje tamte czasy nie szczędząc drastycznych detali. Więzienie, tortury a nie rzadko śmierć groziły wszystkim, którzy nie zgadzali się z rządami wojskowych. Tysiące ofiar, z którymi niewiadomo co się tak naprawdę stało, setki niemowląt odebranych zamordowanym rodzicom i ich rodziny pozostawione bez jakichkolwiek wieści, to Argentyna sprzed czterdziestu lat. 

Elsa Osorio niezwykle ciekawie odtwarza tamtą smutną rzeczywistość ale "Luz jak światło" jest także historią o skomplikowanych rodzinnych relacjach i o poszukiwaniu własnej tożsamości. Naprzemienna narracja, wydarzenia przedstawione z różnych punktów widzenia, sporo interesujących postaci i narastające napięcie sprawiają, że książkę czyta się jak bardzo dobry thriller, którego nie ma się ochoty przerwać. Jest to jedna z moich najlepszych przeczytanych powieści ubiegłego roku i na pewno sięgnę po inne pozycje tej pisarki, niestety nie po polsku bo jak do tej pory tylko ta książka doczekała się polskiego tłumaczenia.

Wydawnictwo Foksal - 2012 - 452 strony - tłumaczenie Wojciech Gilewski