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11 juillet 2017

Café Krilo - Baptiste Boryczka

Etant d'origine polonaise j'ai été interpellée par le nom de l'auteur de consonance polonaise et par le titre de son premier roman "Korzen" ("racine" en polonais). Je n'ai pas encore eu l'occasion de le lire mais quand PatiVore m'a gentiment proposé de découvrir son deuxième roman, je me suis dit pourquoi pas, même si de premier abord le sujet du livre ne m'attirait pas tellement.

L'auteur nous projette au Danemark au début du XXII ème  siècle. Le pays a vu ses libertés reculer, gangrené par le nationalisme et il est plongé dans un chaos qui s'étend sur toute l'Europe. Les ultranationalistes soutenus par le clergé conservateur sont au pouvoir. On suit trois amis qui cohabitent dans un quartier délabré de Copenhague, John, un universitaire rebelle, Mark, un militant syndicaliste et Lotte, une ancienne activiste d'opposition. John rêve de ressusciter le café Krilo, ancien lieu de rassemblement des contestataires du régime où il a fait connaissance de Mark.

J'ai vraiment beaucoup aimé cette histoire qui m'a complètement absorbée. Ce futur plutôt sombre, très crédible, est bien construit. La roue a tourné et cent ans après les réfugiés syriens, c'est au tour des Européens, victimes de persécution, de prendre la route vers le sud, à destination des pays nord-africains, réputés plus sûrs et accueillants. Ce clin d’œil à l'actualité est un renversement de situation intéressant. Il y a quelques passages un peu durs, mais jamais choquants. Malgré cette fiction obscure, ce petit livre dégage de l'optimisme et de l'espoir.  J'ai aimé suivre nos trois protagonistes auxquels je me suis attachée et j'ai regretté de ne pas en savoir un peu plus sur le devenir de Lotte. J'aurais vraiment aimé que leurs histoires soient un peu plus développées mais c'est mon seul petit regret car Café Krilo s'est avéré une très sympathique découverte. 

Merci à PatiVore et à Baptiste Boryczka de m'avoir permis de lire ce roman. Il est maintenant prêt à voyager et si vous voulez le découvrir, faites un saut sur le blog de PatiVore qui vous en dira un peu plus. L'idée même de faire circuler un livre m'a tellement séduite que j'ai bien envie de faire voyager certains bouquins de ma bibliothèque. Je pense notamment à quelques traductions des auteurs polonais dont je possède également les éditions originales. Je vous en dirai un peu plus à la rentrée.

Lemieux Éditeur - 2017 - 168 pages

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28 janvier 2017

Station Eleven (Stacja Jedenaście) - Emily St. John Mandel

C'est parce que ce roman touche à l'essentiel en traitant de l'avenir de l'humanité et qu'il décrit si bien le monde d'avant et le monde d'après qu'il a été une de mes plus belles lectures. Je l'aurais peut-être perçu différemment, si je l'avais lu sous un palmier au bord d'une piscine mais au moment où la grippe saisonnière gagne du terrain, cette histoire ne m'a pas du tout paru surréaliste.

Pourtant, je n'ai pas été conquise dès le début. J'ai mis un peu de temps à m'intéresser à la "Symphonie", ce groupe d'artistes itinérant qui parcourt les environs du lac Michigan dans un monde ravagé par une pandémie, la grippe de Géorgie, particulièrement virulente. C'est d'abord grâce à son habile construction qui alterne le passé, avant l'apocalypse et la sombre réalité d'après, que ce roman m'a séduite. Puis, il y a ses personnages attachants qu'on croise tout en découvrant, dans un suspens très efficace, les liens qui les ont unis.

L'auteure a su rendre ce monde post apocalyptique si réaliste que je garderai longtemps ses images en mémoire; routes bloquées par des épaves des voitures abandonnées, villes vidées de ses habitants, aéroport provincial, devenu abri pour quelques dizaines de rescapés. Au début, ils espèrent encore retrouver leur vie antérieure mais au fil des jours, des semaines et des mois ils s'organisent et tentent juste de survivre. Émouvante, cette partie du roman m'a profondément touchée.

C'est une histoire à lire pour se rendre compte de la vulnérabilité de l'homme et de la société moderne mais aussi de sa force et de ses capacités à s'adapter dans des conditions extrêmes. A lire pour comprendre l'importance de l'art car "survivre ne suffit pas". A lire pour mieux apprécier et savourer toutes ces petites choses qui font partie de notre quotidien. Désormais, chaque morceau d'orange aura un goût meilleur et appuyer sur un interrupteur pour s'éclairer aura une portée différente. Une lecture inoubliable et un énorme coup de cœur.

J'ai partagé cette lecture avec Enna
Présentation de l'éditeur: Dans un monde où la civilisation s’est effondrée suite à une pandémie foudroyante, une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Un répertoire qui en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu de la désolation.

Le roman événement de la rentrée littéraire, finaliste du National Book Award aux Etats-Unis, qui fera date dans l'histoire de la littérature d'anticipation.
Editions Payot & Rivages - traduit par Gerard DE CHERGE - 2016 - 480 pages
STACJA JEDENAŚCIE

Powieść ta spotkała się we Francji z bardzo dużym entuzjazmem i mimo że nie zaczytuję się w tego typu literaturze, z czystej ciekawości zdecydowałam się po nią sięgnąć. Tym razem był to strzał w dziesiątkę bo książka zrobiła na mnie niemałe wrażenie.

Umiejętnie skonstruowana historia z trzymającym w napięciu wątkiem sensacyjnym, przeplata współczesne nam czasy z przyszłością, dwadzieścia lat po wybuchu epidemii. Towarzysząc wędrownej trupie aktorskiej, wystawiającej sztuki Shakespeara, docieramy do niektórych, poznanych na początku, bohaterów i stopniowo poznajemy więzy, które w jakiś sposób ich ze sobą połączyły.

Autorce świetnie udało się stworzyć wizje postapokaliptycznego świata dotkniętego tajemniczą epidemią, która w bardzo krótkim czasie przyczyniła się do śmierci 99 % ludności. Wymarłe miasta, opuszczone wraki samochodów blokujące drogi, prowincjonalne lotnisko będące schronieniem dla nielicznych, którzy przeżyli, te obrazy na długo pozostaną w mojej pamięci.

Ta, pełna nostalgii, książka przypomina o kruchości ludzkiego życia i naszego zmodernizowanego społeczeństwa ale też o tkwiącej w człowieku sile, niezbędnej do przetrwania w ekstremalnych warunkach. Ta opowieść - przesłanie jest apologią sztuki, która, świecie zdominowanym walką o przetrwanie, nabiera zupełnie innych wymiarów. Jedna z najlepszych powieści, które do tej pory udało mi się przeczytać i którą wam gorąco polecam.
Opis Wydawnictwa Papierowy Księżyc: Wstrząsająca, niesamowicie przejmująca "Stacja Jedenaście" to powieść, której akcja toczy się w ponurych czasach po upadku cywilizacji i przedstawia niezwykłą historię hollywoodzkiego gwiazdora, jego niedoszłego ratownika oraz wędrującej grupy artystów, przemierzającej zniszczone tereny Wielkich Jezior i gotowej oddać wszystko w imię sztuki i człowieczeństwa [...]
Ta wzruszająca, melancholijna powieść, której akcja rozgrywa się na przestrzeni wielu lat, wyjątkowo realistycznie przedstawia życie przed i po epidemii. Arthur rozpoczyna i kończy kolejne związki, Jeevan patrzy, jak prezenterzy telewizyjni żegnają się z widzami, Kirsten wikła się w niebezpieczną sytuację z prorokiem, a my dostrzegamy te przedziwne sploty okoliczności, które ich ze sobą łączą. "Stacja Jedenaście" skupia się na relacjach, które dają nam siłę przetrwania, na znaczeniu sztuki w naszym życiu i na ulotnym pięknie otaczającego nas świata.
Wydawnictwo Papierowy Księżyc - 2015 - tłumaczenie: Magdalena Lewańczyk - 426 stron