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18 mars 2018

Et soudain, la liberté - Evelyne Pisier ~ Caroline Laurent

Que d'éloges sur ce livre un peu particulier qui aurait pu ne jamais voir le jour. Evelyne Pisier meurt avant qu'il soit terminé et c'est son éditrice, Caroline Laurent, qui décide d'y apporter la touche finale comme elle l'a promis à celle qui était devenue son amie. J'ai moi aussi succombé à cette extraordinaire histoire de femmes, sa beauté et son originalité.

"Et soudain, la liberté" est l'histoire romancée d'Evelyne Pisier et de sa mère. Elles donnent vie aux personnages de Lucie et Mona et j'ai été fascinée par leurs destins hors du commun. On suit ces deux femmes d'exception pendant des années à travers les continents; l'Indochine, la Nouvelle Calédonie, Cuba juste après la révolution et la France des années soixante. J'ai été emportée par leur histoire; l'éveil de Mona aux idées féministes, sa soif de liberté et d'indépendance, son engagement militant, valeurs qu'elle a transmises à sa fille, tout aussi libre et engagée. J'ai adoré suivre leurs parcours marqués par des événements importants et des rencontres avec des gens remarquables.

Le récit est d'une telle fluidité qu'on a du mal à lâcher le roman auquel les interventions de Caroline Laurent apportent de la fraîcheur. J'ai apprécié ces petites parenthèses, souvent très personnelles, où elle fait part de son expérience d'éditrice devenue écrivaine. Cependant, quand elle donne quelques précisions en démêlant la réalité de la fiction, j'aurais préféré rester dans l'ignorance. 

Le roman a été élu second par les blogueurs du premier Grand Prix des Blogueurs Littéraires et si je l'avais lu avant, j'aurais certainement voté pour ce magnifique livre. J'ai eu le plaisir de le découvrir en commun avec Daphné.

Les Escales - 2017 - 448 pages





25 février 2018

Pays provisoire - Fanny Tonnelier

Le résumé et les premières critiques de ce roman promettaient une jolie histoire et j'ai été très contente de pouvoir le découvrir grâce à l'opération Masse critique de Babelio.

Amélie Servoz est une jeune modiste qui, après avoir passé quelques années à Saint-Pétersbourg, est obligée de quitter précipitamment la Russie, en raison des troubles précédant la prise de pouvoir des bolcheviques. Le cœur lourd, elle abandonne son atelier et décide de retourner en France en contournant les pays ennemis car la guerre fait rage depuis trois ans déjà et ce périple ne sera pas des plus faciles. 

Amélie quitte la capitale russe en train en passant par la Finlande, la Suède et la Norvège, elle s'embarque sur un bateau pour l'Ecosse où elle fait escale. Ensuite, elle emprunte un caboteur jusqu'à Folkestone avant l'ultime traversée pour rejoindre les côtes françaises. 

J'ai aimé cette fuite en compagnie d'Amélie, une femme déterminée, indépendante et passionnée par son métier. Le récit de cette aventure périlleuse est entrecoupé par les souvenirs d'Amélie, son enfance à Paris auprès de parents plumassiers, ses premiers pas en tant que modiste, ses heureuses années à Saint-Pétersbourg et ses amours. 

Malgré quelques reproches que je pourrais faire; une histoire un peu trop convenue parfois cousue de fil blanc et une image stéréotypée de la Russie, ce fut une lecture assez sympathique. C'est très romanesque, l'héroïne est très attachante, les descriptions de son métier sont intéressantes et l'écriture est plaisante. Finalement, j'ai bien aimé ce premier roman en dépit de quelques imperfections.

Alma Éditeur - 2018 - 256 pages
✮✮✮✰✰



12 novembre 2017

Ces rêves qu'on piétine - Sébastien Spitzer

Je n'avais pas du tout prévu de lire ce roman mais de passage à ma médiathèque il était exposé avec d'autres nouveautés de la rentrée littéraire. Il a eu d'excellentes critiques et après avoir lu la quatrième de couverture, je n'ai pas résisté à la tentation. 

L'auteur se glisse dans la peau de Magda Goebels et imagine ses derniers jours dans le bunker avant l'issue que tout le monde connaît. Il revient sur son enfance, sa jeunesse et sa gloire en tant que première dame du Reich comme s'il cherchait dans son passé l'origine de ses actes. Le passé d'une mère qui empoisonne ses six enfants avant de se donner la mort et d'une fille qui laisse mourir son beau-père dans un camp de concentration.

Ce roman n'est pas que l'histoire de Magda Goebels, c'est aussi celle des marches de la mort, de tous ces prisonniers des camps évacués de force devant l'avancée de l'armée russe. On fait connaissance avec  Judah, un jeune hongrois, Fela, une jeune polonaise et sa petite fille Ava. Tous les trois échappent au massacre de Gardelegen où plus de 1000 rescapés des camps sont brûlés vifs dans une grange. J'ignorais cette terrible histoire à laquelle le roman fait écho, tout comme l’existence du block A 24 à Auschwitz, la baraque des prostituées de force et le courage d'une sage-femme, Stanisława Leszczyńska, qui a pu éviter la mort à de nombreux bébés, nés dans le camp.

Ces deux récits sont entrecoupés de lettres d'un père à sa fille qui lui raconte son terrible quotidien en captivité et qui ne comprend pas son silence.

Un peu sceptique au début, surtout à cause de l'écriture un peu hachée et de ses phrases courtes, mon intérêt grandissait au fil des pages. L'histoire des rescapés des camps est bouleversante, la petite Ava qui découvre la vie en liberté est très attachante. Le roman est une fiction vraisemblable à partir de faits historiques avérés et l'angle choisi par l'auteur pour raconter ces événements est très original. Au final, une belle découverte.

Les Editions de l'Observatoire - 2017 - 304 pages

✮✮✮✮✰

25 octobre 2016

Les mains lâchées - Anaïs Llobet


"Les mains lâchées" est un récit bouleversant d'une survivante après le déferlement d'un tsunami dévastateur sur l'une des îles de l'archipel philippin. 

Alors que Madel, journaliste d'une chaîne télévisée, passe quelques jours dans la maison de son petit ami, chirurgien esthétique, l'île de Leyte est frappée par un typhon tropical d'une force incroyable. On bascule vite d'une vie normale dans une belle maison, qu'on croyait sûre et solide, dans une réalité presque apocalyptique avec la plupart des constructions détruites, des cadavres par centaines et des survivants affamés. Des images d'horreur se suivent dans une narration brute et réaliste livrée par Madel qui, très sollicitée par son employeur, se plonge à corps perdu dans son métier de journaliste. De temps à autre, elle donne la parole aux personnes qu'elle rencontre et son récit est entrecoupé par les témoignages poignants des rescapés.

Ce court roman est un regard sur la fragilité de la vie face à la violence d'un cataclysme naturel et révèle la nature humaine animée par l'instinct de survie dans des situations extrêmes. Ce récit sonne comme un signal d'alarme prévenant des dangers du réchauffement climatique qui est devenu une évidence avec des phénomènes atmosphériques de plus en plus fréquents et de plus en plus violents. C'est enfin une réflexion sur le métier de journaliste, son rôle, ses dangers et sa vocation. Un livre dont les images restent longtemps gravées en mémoire. Un premier roman réussi qui choque et interpelle.

Livre reçu dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire de Price Minister. #MRL16

Citations:
"Je ne sais pas si c'est possible de redevenir mère lorsqu'on a su que l'espace d'une minute, on a préféré sa vie à celle de son fils... Il aura suffi d'une vague. Une vague pour effacer douze ans de maternité."
"Je ne propose pas à Irène de supprimer ces images révoltantes. Nous avons besoin d'elles. Yolanda, avec ses sept mille morts, a tout d'une star médiatique. Pendant encore quelques jours elle saura défier le principe de "mort kilométrique", cette loi tacite du journalisme, selon laquelle la mort soudaine par intoxication alimentaire de notre voisin de cantine nous intéresse davantage que les deux cents noyés d'un lointain paquebot indonésien."
Quatrième de couverture:
Une vague monstrueuse, soulevée par un typhon meurtrier, dévaste les Philippines en quelques minutes et ravage sa myriade d’îles.
Sur l’une d’elles, Madel reprend connaissance, seule au milieu du chaos. Jan, l’homme qu’elle aime, a disparu. Et elle a lâché la main de l’enfant qu’il lui avait confié.

Au prix d’une difficile anesthésie des sentiments, la jeune journaliste se plonge dans son travail, en équilibre entre information et voyeurisme, quand tous les médias du monde se tournent vers les Philippines.

Recueillir la parole survivante, nouer des liens avec les rescapés, c’est conjurer la mort. Mais un typhon de cette violence ne laisse jamais en paix ceux qu’il a épargnés.


Editions Plon - 2016 - 158 pages



30 septembre 2016

Désorientale - Négar Djavadi

Obligée d'interrompre ma lecture à plusieurs reprises en semaine, c'est avec impatience que j'attendais le weekend pour me replonger enfin sans contraintes dans "Désorientale" de Négar Djavadi. Quel plaisir de suivre cette famille iranienne, hors du commun, sans jamais se perdre en voyageant entre l'Iran et la France, le passé et le présent. 

Un Iran que je ne connaissais pas, mes souvenirs se limitant à la guerre Iran - Irak, les Pahlavi et les images omniprésentes du barbu enturbanné. 

Un regard intéressant sur l’homosexualité, la maternité et l'immigration. Même si j'ai quitté mon pays étant déjà adulte et dans d'autres circonstances que l'auteure, je me suis retrouvée à plusieurs reprises dans ses propos, tellement justes:
Je suis devenue, comme sans doute tous ceux qui ont quitté leur pays, une autre. Un être qui s'est traduit dans d'autres codes culturels. D'abord pour survivre, puis pour dépasser la survie et se forger un avenir. Et comme il est généralement admis que quelque chose se perd dans la traduction, il n'est pas surprenant que nous ayons désappris, du moins partiellement, ce que nous étions, pour faire de la place à ce que nous sommes devenus.
D'autant plus je suis éblouie par ses belles phrases dans un français remarquablement bien maîtrisé. Une écriture magnifique, un grand talent de conteuse et un excellent premier roman.

Petit accent polonais:
C'est grâce à son ami hollandais que Kimiâ fait connaissance avec l'oeuvre de Tadeusz Kantor, le célèbre metteur en scène polonais, l'écrivain, le réalisateur de happenings, le scénographe, le peintre et l'acteur.

Quatrième de couverture:
Si nous étions en Iran, cette salle d’attente d’hôpital ressemblerait à un caravansérail, songe Kimiâ. Un joyeux foutoir où s’enchaîneraient bavardages, confidences et anecdotes en cascade. Née à Téhéran, exilée à Paris depuis ses dix ans, Kimiâ a toujours essayé de tenir à distance son pays, sa culture, sa famille. Mais les djinns échappés du passé la rattrapent pour faire défiler l’étourdissant diaporama de l’histoire des Sadr sur trois générations: les tribulations des ancêtres, une décennie de révolution politique, les chemins de traverse de l’adolescence, l’ivresse du rock, le sourire voyou d’une bassiste blonde…
Une fresque flamboyante sur la mémoire et l’identité; un grand roman sur l’Iran d’hier et la France aujourd’hui.


Liana Levi - 2016 - 352 pages

29 mai 2016

Brillante - Stéphanie Dupays

Ce n'est pas le titre ni la couverture du livre qui risquaient d'attirer mon attention. Heureusement, quelques avis plutôt flatteurs que j'ai eu l'occasion de lire, m'ont donné envie de me faire ma propre opinion sur "Brillante" de Stéphanie Dupays.

Claire est une jeune femme ambitieuse à qui tout réussit. Sa vie professionnelle est un succès jusqu'au moment où elle commence à faire de l'ombre à sa supérieure hierarchique. Placardisée, elle se retrouve dans une situation qu'elle n'accepte pas et qui la rend malade.

J'ai trouvé très intéressante cette plongée dans un monde qui m'est totalement étranger et qui n'a pour moi rien d'attrayant. Un univers impitoyable et souvent injuste où il n'y a pas de place pour une erreur ou quelconque faiblesse. Même s'il ne me fait pas rêver, j'ai admiré le parcours de Claire, une perfectionniste sûre de ses capacités qui ne laisse rien au hasard. Je me suis retrouvée un peu dans ses souvenirs de jeune fille de province éblouie par les lumières de la capitale.

J'ai lu ce premier roman de Stéphanie Dupays avec beaucoup d'intérêt. Sa description sans complaisance de l'entreprise moderne et d'une vie centrée sur le travail, le succès et le bien-être matériel est plutôt réussie.

Quatrième de couverture:
Claire est une trentenaire comblée. Diplômée d'une grande école, elle occupe un beau poste dans un groupe agroalimentaire où elle construit sa carrière avec talent. Avec Antonin, cadre dans la finance, elle forme un couple qui est l'image du bonheur parfait. Trop peut-être.
Soudain, Claire vacille. Au bureau, sa supérieure hiérarchique lui tourne ostensiblement le dos, de nouvelles recrues empiètent sur ses dossiers, elle se sent peu à peu évincée. Après une phase de déni, Claire doit se rendre à l'évidence: c'est la disgrâce
Elle qui a tout donné à son entreprise s'effondre. Va-t-elle à exister sans "briller"? Que vont devenir ses liens amicaux et amoureux fondés sur un même idéal de réussite?
Satire sociale grinçante, "Brillante" traite de la place qu'occupe le travail dans nos vies, de la violence au travail - et notamment de celle faite aux femmes, et de ses répercussions intimes.

Mercure de France - 2016 - 192 pages


Livreaddict   
Micmélo littéraire
COULEUR chez Enna

21 mai 2016

Le chagrin des vivants - Anna Hope

"Le chagrin des vivants" qui a été très bien accueilli par les lecteurs français, m'a également conquise.

L'histoire se passe en 1920 en Angleterre qui se prépare à rendre hommage au soldat inconnu. Pendant quelques jours on suit trois femmes que la Grande Guerre n'a pas épargnées. Une mère en deuil après la perte de son fils unique, une jeune femme abattue après la disparition de son fiancé et une danseuse confrontée au mutisme de son frère, revenu du front. Leurs émotions sont si bien décrites que la souffrance de chacune est perceptible. On assiste ensuite à un retour à la vie après un long chemin du deuil. Progressivement, le désespoir cède la place à une sorte d'apaisement, au désir de bonheur et à l'amour naissant ou renaissant. Ce réveil (Wake), tel est d'ailleurs le titre de l'original, est dépeint par une belle plume très sensible de la jeune écrivaine anglaise.

J'ai beaucoup aimé la construction du roman qui par son intrigue bien ficelée va lier ces trois destins différents sans que leurs chemins ne se croisent pas vraiment.

Une belle réussite pour ce premier roman très abouti dans la façon de traiter le sujet, si délicat. Une histoire à la fois captivante et émouvante dont la découverte a été un vrai plaisir.

Quatrième de couverture:
Durant les cinq premiers jours de novembre 1920, l'Angleterre attend l'arrivée du Soldat inconnu, rapatrié depuis la France. Alors que le pays est en deuil et que tant d'hommes ont disparu, cette cérémonie d'hommage est bien plus qu'un simple symbole, elle recueille la peine d'une nation entière.
A Londres, trois femmes vont vivre ces journées à leur manière. Evelyne, dont le fiancé a été tué et qui travaille au bureau des pensions de l'armée; Ada, qui ne cesse d'apercevoir son fils pourtant tombé au front; et Hettie, qui accompagne tous les soirs d'anciens soldats sur la piste du Hammersmith Palais pour six pence la danse.
Dans une ville peuplée d'hommes incapables de retrouver leur place au sein d'une société qui ne les comprend pas, rongés par les horreurs vécues, souvent mutiques, ces femmes cherchent l'équilibre entre la mémoire et la vie. Et lorsque les langues se délient, les cœurs s'apaisent.

Gallimard - traduit de l'anglais par Elodie Leplat - 2016 - 400 pages

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PRZEBUDZENIE

Po książkę sięgnęłam po przeczytaniu kilku pochlebnych opinii na jej temat, całkiem zresztą zasłużonych, bo mnie również powieść Anny Hope urzekła.

Rzecz dzieje się w Anglii, w dwa lata po zakończeniu pierwszej wojny światowej. Podczas gdy Londyn przygotowuje się do złożenia hołdu Nieznanemu Żołnierzowi, przez kilka dni śledzimy koleje trzech kobiet, których wojna nie oszczędziła; Ada straciła swojego jedynego syna, Evelyn narzeczonego a Hettie nie może pogodzić się z mutyzmem brata, który nie doszedł do siebie po powrocie z frontu.

Dzięki umiejętnie skonstruowanej intrydze, losy kobiet w pewnym momencie się skrzyżują, mimo że tak naprawde nigdy się ze sobą nie spotkają. Ich emocje i cierpienie są namacalne ale rozpacz powoli ustępuje nadziei a ból przeradza się w ukojenie i ten swego rodzaju powrót do życia z nadzieją na szczęście i miłość jest pięknie przez Annę Hope opisany.

Pierwsza bardzo udana i dojrzała powieść młodej angielskiej pisarki, którą gorąco polecam.


Opis wydawnictwa Świat Książki:
Listopad 1920 roku. Londyn czeka na sprowadzenie zwłok Nieznanego Żołnierza z Francji, trzy kobiety zmagają się, każda na swój sposób, z poczuciem straty: Hettie, fordanserka, za sześć pensów tańczy z gośćmi walca w Hammersmith Palais; Evelyn, która haruje na podrzędnej posadzie w wydziale rent i emerytur; i Ada, gospodyni domowa, którą dręczą wizje nieżyjącego syna. Pewnego dnia do Ady przychodzi młody mężczyzna. Nosi w sobie wojenną tajemnicę, która połączy te kobiety i ukoi, a zarazem rozedrze im serca.

Przebudzenie to trzy splecione historie życia, uchwycone na pograniczu czasów imperialnych i nowoczesnych, które obrazują kraj w zaraniu nowej ery, w dobie, gdy odczucia narodu zmieniły się na zawsze.


25 avril 2016

Ahlam - Marc Trévidic

J'ai été très curieuse de ce premier roman du juge Trévidic dont toutes les interventions dans les médias que j'ai pu voir ou entendre m'ont laissé de très bonnes impressions. Pareillement que son livre qui frôle un coup de cœur.

Un jeune peintre devenu riche et célèbre, un Américain fortuné qui tombe sous le charme de ses portraits si particuliers, une rencontre avec un pauvre pêcheur tunisien et sa famille, sa belle épouse et ses deux enfants particulièrement doués pour la musique et la peinture. Ce côté conte de fée atténue la sombre réalité du terrorisme d'Al Qaida et de Daesh que l'auteur connaît parfaitement et qu'il décrit très bien. Même si je n'ai pas tout saisi des passages sur l'unicité des arts, j'ai trouvé intéressant cette idée de mettre en opposition la beauté de l'art et la cruauté de l'islamisme radical. D'un côté la tolérance et l'ouverture d'esprit, de l'autre l'obscurantisme et le fanatisme.

Entre l'admiration pour le courage des femmes et le profond mépris pour ceux qui les considèrent comme des moins que rien, ce roman que j'ai lu avec un grand intérêt m'a fait passer par toutes sortes d'émotions. Plusieurs passages m'ont bouleversée mais celui où Paul parle de sa mère m'a particulièrement émue. Il n'est pas facile de me faire pleurer avec des mots, Marc Trévidic l'a réussi avec son premier roman poignant et touchant. C'est une belle histoire en hommage aux femmes arabes qui se battent pour leur liberté et leur indépendance. Une lecture qui ne laisse pas indifférent et que je vous recommande fortement.


Quatrième de couverture:
Lorsqu'en 2000 Paul, célèbre peintre français, débarque aux Kerkennah en Tunisie, l'archipel est un petit paradis pour qui cherche paix et beauté. L'artiste s'installe dans "la maison de la mer", noue une forte amitié avec la famille de Farhat le pêcheur, et particulièrement avec Issam et Ahlam, ses enfants incroyablement doués pour la musique et la peinture. Peut-être pourront-ils, à eux trois, réaliser le rêve de Paul: une oeuvre unique et totale où s'enlaceraient tous les arts.
Mais dix ans passent et le tumulte du monde arrive jusqu'à l'île. Ben Ali est chassé. L'islamisme gagne du terrain. L'affrontement entre la beauté de l'art et le fanatisme religieux peut commencer.

JC Lattès - 2016 - 324 pages

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 Laure (Micmélo littéraire)
PRENOM chez Enna