Après avoir lu "La Maison du sommeil" de Jonathan Coe que j'ai beaucoup aimé je me suis dit que je poursuivrais la découverte de cet auteur. L'occasion s'est présentée quand "Testament à l'anglaise" a été sélectionné par les membres du Blogoclub pour la lecture commune du 1er juin.
Dans ce pavé de plus de 600 pages on fait connaissance avec quelques membres d'une illustre famille de l'aristocratie anglaise. Les Winshaw aiment par dessus tout le pouvoir et l'argent. Tous les moyens sont utilisés pour parvenir à leurs fins. Seule Tabitha Winshaw, considérée comme folle, fait de l'ombre au parfait tableau familial. C'est elle qui est à l'initiative de la rédaction d'une véritable chronique sur sa famille qu'elle méprise profondément. Elle soupçonne que la mort d'un de ses frères n'est pas accidentelle et elle confie ce travail d'enquête à Michael Owen, un écrivain méconnu du grand public. Tout en pénétrant dans l'intimité du clan Winshaw c'est aussi son histoire qu'on découvre.
En dépeignant avec férocité une famille dont plusieurs membres occupent des postes stratégiques dans la finance, le gouvernement et les médias, Jonathan Coe s'attaque à tout le système d'un état moderne où seuls l'argent et la soif du pouvoir comptent véritablement. Dans chaque portrait plus cynique l'un que l'autre il dénonce l'immoralité, la brutalité et la cruauté de certains hauts responsables. Ecrit dans les années 90 ce roman fait écho à l'ascension de Saddam Hussein, l'invasion du Koweït par l'Irak et l'implication britannique dans la Guerre du Golfe, mais 30 ans plus tard le monde n'a pas tellement changé. Il y a donc beaucoup de politique, un peu trop à mon goût et certains passages m'ont un peu ennuyée mais l'intrigue est parfaitement ficelée, la manière dont l'auteur a lié l'histoire des Winshaw à celle de Michael est remarquable sans parler de la partie finale qui m'a bluffée.
Oscillant entre polar captivant et satire décapante de la haute société britannique ce roman globalement m'a beaucoup plu mais j'ai été moins intéressée par certains développements politiques. Tout compte fait ma préférence va à ma précédente découverte de Jonathan Coe mais je ne m'arrêterai pas en si bon chemin.
Oscillant entre polar captivant et satire décapante de la haute société britannique ce roman globalement m'a beaucoup plu mais j'ai été moins intéressée par certains développements politiques. Tout compte fait ma préférence va à ma précédente découverte de Jonathan Coe mais je ne m'arrêterai pas en si bon chemin.
Folio - 1997 - 688 pages
Traduit par Jean Pavans



