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4 janvier 2017

L'ombre de nos nuits - Gaëlle Josse

Un petit livre à trois voix qui alterne le présent et le passé du temps de Louis XIII. 

C'est en regardant un tableau du peintre lorrain Georges de la Tour que la narratrice, de passage au Musée de Beaux Arts de Rouen, se rappelle son ancien amour. Un amour aveugle et intense mais à sens unique qu'on veut oublier dès que l'espoir d'un partage en retour s'évanouit.

J'aime les romans inspirés des tableaux. Je me suis donc intéressée davantage à la partie historique du "L'ombre de nos nuits" qui évoque le travail de Georges de la Tour sur "Saint Sébastien soigné par Irène". Bien plus que les souvenirs d'un amour blessant, j'ai apprécié les passages sur la passion de la peinture et la création d'un tableau, narrées par l'auteure qui prête sa voix tantôt à Georges de la Tour, tantôt à son apprenti Laurent. 

J'ai bien aimé ce petit aperçu historique de la première moitié du XVII ème siècle avec sa vie quotidienne et le voyage de Georges de la Tour à Paris en pleine Guerre de Trente Ans. Les interventions du jeune orphelin Laurent, amoureux de Claude, la fille du maître et confronté à la jalousie d'Etienne, le fils du peintre, apportent une touche sensuelle au récit face au rigorisme du père et maître.

L'ensemble, très poétique, se lit avec intérêt mais ce texte ne m'a pas touchée autant que je m'y attendais.

✮✮✮✩✩

Quatrième de couverture:
Deux récits se dessinent dans L’ombre de nos nuits, avec au centre un tableau de Georges de La Tour. En 1639, plongé dans les tourments de la guerre de Trente Ans en Lorraine, le peintre crée son Saint Sébastien soigné par Irène. De nos jours, une femme, dont nous ne saurons pas le nom, déambule dans un musée et se trouve saisie par la tendresse et la compassion qui se dégagent de l’attitude d’Irène dans la toile. Elle va alors revivre son histoire avec un homme qu’elle a aimé, jusque dans tous ses errements, et lui adresser enfin les mots qu’elle n’a jamais pu lui dire. Que cherche-t-on qui se dérobe constamment derrière le désir et la passion ?
 
En croisant ces histoires qui se chevauchent et se complètent dans l’entrelacement de deux époques, Gaëlle Josse met au cœur de son roman l’aveuglement amoureux et ses jeux d’ombre qui varient à l’infini.

Editions Noir sur Blanc - 2016 - 192 pages



23 décembre 2016

Les Filles de l'ouragan - Joyce Maynard

Le dernier roman de Joyce Maynard, où elle revient sur les attentats du 11 septembre, me tente beaucoup mais pour faire connaissance avec cette auteure j'ai choisi "Les Filles de l'ouragan" qui avait l'air tout aussi intéressant.

Je me suis plongée avec beaucoup de plaisir dans cette histoire qui déroule en parallèle la vie de Ruth et de Dana, nées le même jour dans la même maternité. J'ai aimé suivre ces deux destins pendant des années jusqu'à ce que toutes les ficelles du secret soient enfin démêlées. Même si on devine assez facilement ce qui a pu arriver à ces deux familles, le pourquoi et le comment ne sont révélés qu'à la fin. 

Le style de Joyce Maynard est plaisant, les phrases s’enchaînent et on a du mal à lâcher le roman, une fois commencé. Tout en tournant la dernière page de ce livre que j'ai dévoré, je me suis dit qu'il serait agréable de trouver "Les règles d'usage" sous le sapin.

✮✮✮✮✮
Quatrième de couverture:
Elles sont nées le même jour, dans le même hôpital, dans des familles on ne peut plus différentes. Ruth est une artiste, une romantique, avec une vie imaginative riche et passionnée. Dana est une scientifique, une réaliste, qui ne croit que ce qu'elle voit, entend ou touche. Et pourtant ces deux femmes si dissemblables se battent de la même manière pour exister dans un monde auquel elles ne se sentent pas vraiment appartenir.

Situé dans le New Hampshire rural et raconté alternativement par Ruth et Dana, ce récit suit les itinéraires personnels de deux « sœurs de naissance », des années 1950 à aujourd"hui. Avec la virtuosité qu'on lui connaît, Joyce Maynard raconte les voies étranges où s"entrecroisent les vies de ces deux femmes, de l’enfance et l’adolescence à l’âge adulte – les premières amours, la découverte du sexe, le mariage et la maternité, la mort des parents, le divorce, la perte d’un foyer et celle d’un être aimé – et jusqu’au moment inéluctable où un secret longtemps enfoui se révèle et bouleverse leur existence.
Editions Philippe Rey - 2012 - 336 pages

1 novembre 2016

La neige noire - Paul Lynch

Si j'ai finalement plutôt apprécié ce roman, j'ai mis du temps à entrer dedans, déçue par le texte, un peu trop descriptif, et le style qui ne m'a pas vraiment plu.

En partant dans le Donegal en Irlande on suit la famille Kane qui s'y est établie quelques années auparavant, après avoir quitté l'Amérique. L'histoire s'ouvre sur un drame; dans l'incendie qui réduit en cendres leur étable, périt non seulement tout leur bétail mais aussi un des habitants du village employé à la ferme. S'ensuit un long chemin semé d'embûches pour remonter la pente car les Kane ne peuvent pas compter sur grand monde dans leur entourage qui devient de plus en plus hostile.

J'ai tout de suite ressenti beaucoup de sympathie pour Eskra et Barnabas Kane, ce couple extrêmement courageux qui quitte New York pour tenter leur chance sur la terre de leurs anciens. Un amour profond mais peu démonstratif les unit et j'aurais préféré lire plus de passages sur leurs années new yorkaises ou leurs débuts en Irlande. J'aurais aimé davantage de références au contexte historique alors que la seconde guerre touchait à sa fin. A part l'écriture à laquelle je n'ai pas vraiement adhéré, je me sentais souvent oppressée par une ambiance trop lourde et une sensation de confinement dans un endroit hostile et peu ouvert sur le monde extérieur. Je ne m'attendais pas à tant de malheur et de désespoir et la fin m'a tout simplement glacée. Une lecture dure et éprouvante.

Quatrième de couverture:
L’âpreté lyrique du premier roman de Paul Lynch, Un ciel rouge, le matin, métamorphosait le paysage irlandais en un vaste territoire à l’horizon sans limites, au fil d’une impitoyable chasse à l’homme qui poussait inéluctablement un jeune métayer vers l’exil américain, dans un récit visuel fracassant.
Son nouveau roman raconte le retour d’un émigré irlandais au pays. Après des années passées à New York, Barnabas Kane retrouve le Donegal en 1945 et s’installe sur une ferme avec sa femme et son fils. Mais l’incendie, accidentel ou criminel, qui ravage son étable, tuant un ouvrier et décimant son bétail, met un frein à ce nouveau départ. Confronté à l’hostilité et à la rancœur d’une communauté qui l’accuse d’avoir tué l’un des leurs, il devient un étranger sur son propre sol. Confiné sur cette terre ingrate où l’inflexibilité des hommes le dispute à celle de la nature, Barnabas Kane va devoir choisir à quel monde il appartient.
Albin Michel - 2015 - 320 pages
COULEUR chez Enna


6 août 2016

Fugue polonaise - Beata de Robien

Ce roman, je ne peux que vous le recommander. L'histoire de Basia et de sa famille qui essaie de survivre dans les temps difficiles du communisme de l'après-guerre est passionnante. Drôle et émouvant, ce récit respire l'authenticité, l'auteure ayant puisé dans sa propre expérience, celle de sa famille et de ses connaissances.

Rien ne m'a étonnée dans la description de cette réalité sombre et abominable, même si mon adolescence n'a connu que le déclin du régime avec une emprise qui se relâchait dans les années quatre-vingts. La vie était alors moins dure et on n'avait jamais faim mais je partage certains souvenirs de cette époque et notamment les queues partout et tout le temps, parfois même sans savoir ce qu'on pourra acheter après une longue attente. Joie et satisfaction immenses quand le panier était rempli, déception quand je repartais les mains vides. Personnellement, je n'oublierai jamais ce moment où, après une longue attente, la personne avant moi a acheté les dernières oranges en provenance de Cuba. C'est cette vie pleine d'aberrations et de privations de liberté publique ainsi que le quotidien marqué par la pénurie de produits de première nécessité que Beata de Robien dépeint avec beaucoup de talent.

J'ai adoré le personnage de Basia, une adolescente intelligente et espiègle et je me suis attachée à cette famille, un peu atypique et haute en couleur que le sort n'a pas épargnée. J'ai passé un très bon moment en compagnie des Zborawski, d'autant plus que l'écriture est vive et entraînante. Une lecture riche et pleine d'émotions.


Quatrième de couverture:
Cracovie, 1953. Alors que Staline vient de mourir, Bashia, une adolescente rebelle, s'accroche à son rêve: quitter son pays muselé par la police politique et affamé par les restrictions alimentaires. Obligée de composer avec les membres d'une famille tous les plus extravagants les uns que les autres, ainsi qu'avec les locataires de leur appartement communautaire, Bashia essaie tant bien que mal de goûter aux joies de son âge. Mais l'étau se resserre lorsqu'elle tombe amoureuse d'un étudiant français. La liberté a un prix, et Bashia va en faire la douloureuse expérience. 
Dans ce roman drôle et émouvant, Beata de Robien - auteur notamment du Nain du roi de Pologne et du Roman de la Pologne - tout en nous immergeant dans la réalité de la Pologne communiste de l'après-guerre, dresse le portrait inoubliable d'une adolescente qui cache son angoisse et ses questions sans réponse derrière une ironie mordante et un furieux appétit de vivre.

Albin Michel - 2013 - 432 pages


SPECTACLE chez Enna

2 décembre 2015

Mal de pierres - Milena Agus

Dédicace à une grand-mère


Étonnant petit livre qui nous emmène en Sardaigne mais aussi à Milan ou à Gênes. Difficile d'en parler davantage sans vouloir dévoiler l'histoire racontée tout en douceur. Portrait en souvenir d'une étrange grand-mère peint par sa petite-fille. Plus d'une fois j'ai été agréablement surprise par certains passages, la fin et même le titre. C'est tendre mais légèrement piquant. Un récit à déguster.
                                                                                    
         
Résumé de l'éditeur:
Au centre, l'héroïne, jeune Sarde étrange "aux longs cheveux noires et aux yeux immenses". Toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie... À l'arrière-plan, les personnages secondaires, peints avec une touche d'une extraordinaire finesse: le mari, épousé par raison pendant la Seconde Guerre, sensuel taciturne à jamais mal connu; le Rescapé, brève rencontre sur le Continent, à l'empreinte indélébile; le fils, inespéré, et futur pianiste; enfin, la petite-fille, narratrice de cette histoire, la seule qui permettra à l'héroïne de se révéler dans sa vérité. Mais sait-on jamais tout de quelqu'un, aussi proche soit-il...

EDITIONS LIANA LEVI - 2006 - traduit de l'italien par Dominique Vittoz - 124 pages

Prix Relay du Roman d'Évasion
                                                                               
Ból kamieni


Zadziwiająca niedługa opowieść, która zabiera nas w podróż po Sardynii z krótkim pobytem w Mediolanie czy Genui. Portret babki oczami wnuczki, zafascynowanej historią tej pięknej, ciemnowłosej, nieco ekscentrycznej mieszkanki włoskiej wyspy. Nie raz pisarce udało się mnie zaskoczyć kilkoma fragmentami ale też i ostatnimi stronami czy nawet samym tytułem. Zwięzły, lekko poetycki styl bardzo przypadł mi do gustu.

22 novembre 2015

L'écrivain de la famille - Grégoire Delacourt



Parlons famille

J'appréhendais un peu cette lecture par crainte d'être déçue, chose qui arrive quelque fois quand on a beaucoup aimé un auteur et on espère être à nouveau séduit. Ma deuxième rencontre avec Grégoire Delacourt a été aussi agréable que la première, après avoir lu "On ne voyait que le bonheur". Cette fois - ci encore je n'ai mis que quelques heures à finir le roman sans vouloir m'arrêter, emportée par cette écriture simple et pleine de tendresse nous racontant une vie. 

Une vie qu'on ne choisit pas toujours en préférant être porté par les événements ou en laissant les autres décider pour nous. Telle est la vie d'Edouard, un écrivain manqué devenu un publicitaire de succès dont le côté "ordinaire" m'a tout de suite beaucoup plu; personne n'est parfait et la lâcheté fait partie de notre vie. Une histoire émouvante sur la famille, l'amour et son manque, les séparations, la maladie, bref une vraie vie. De l'humour et de l'ironie dosées parfaitement. Les nombreuses références à l'actualité politique et culturelle rendent le récit plus réaliste, ce que j'ai beaucoup apprécié. Un autre coup de cœur pour l'auteur qui m'a déjà conquise.


Quatrième de couverture:

Je venais d'avoir le bac de justesse. Ma sœur avait 14 ans, elle écoutait Sheila chanter Hôtel de la Plage avec les B. Devotion allongée sur son lit. Il y avait des posters de Richard Gere et de Thierry Lhermitte sur les murs. Elle croyait au prince charmant. Elle avait peur de coucher avec un garçon, à moins qu'il ne fût le prince. Elle m'avait demandé si ça avait été bien ma première fois et j'avais répondu, d'une voix douce, oui, oui, je crois que c'était bien, et elle avait eu envie qu'on dise ça d'elle un jour, juste ça, oui, oui, c'était bien.
Et puis notre frère était entré dans la chambre, il nous avait couverts de ses ailes et nos enfances avaient disparu.

A sept ans, Edouard écrit son premier poème, quatre rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l'écrivain de la famille.. Mais le destin que les autres vous choisissent n'est jamais tout à fait le bon...
Avec grâce et délicatesse, Grégoire Delacourt nous conte une histoire simple, familiale, drôle et bouleversante.

JC Lattès - 2011 - 265 pages

                                                                                                                  
Pisarz rodzinny

Francuski współczesny pisarz, który juz po raz kolejny podbił moje serce. Bardzo wzruszająca powieść o życiu, które często decyduje za nas i na które nie mamy wpływu.

Historia niedoszłego pisarza, który osiagnął sukces pracując w reklamie. Opowieść o rodzinie, miłości i jej braku, rozstaniach i chorobie napisana z humorem ale i ironią w przyjemnym stylu. Wiele dygresji odnoszących się do aktualności politycznych czy kulturalnych nadają lekturze autentyczności, która dla mnie jest tu dużym walorem. Autor, którego kilka innych pozycji mogę dopisac do długiej już listy książek do przeczytania.